Un coin de terre quelque part, paumé, on ne sait trop où... mais là n'est pas l'important... En soirée, alors que le calme fait son nid et que notre ami doré s'en va coucher, une petite graine tachetée s'agite, se lovant dans un petit creux de terre, en sous-sol. La lune borde son collègue et s'installe à sa place veiller sur ma vie.... Ses capacités d'influence inexpliquées caressent la petite graine du bout des doigts. La dernière, sensible et chatouilleuse, s'agite en saccade, étouffant de petits rires gênés... Elle se sent ronronnante, elle a pourtant bien mangé... Quelle est cette chose qui grandit en elle ? ? ? La voilà prise de spasme, de mouvements involontaires, elle agrandit sa caverne de ses gestes robotiques... un drame à l'horizon... le voici qui s'avance, s'approche, alors que la petite graine commence à perdre la raison..... il court, il court, saute un talus, bientôt à quelque pas de la petite graine, qui vibre dangereusement.... Alors que la chose en elle grave une fissure qui s'élargit sur l'abdomen de notre amie, le drame tourne la tête, puis change de direction... il est passé... la petite graine est soulagée.... Ignorante, mais confiante, elle laisse la chose s'extirper d'elle et lui ouvrir le crâne... Une petite tige apparaît, cherche de l'air, creuse à l'envers, rencontre un ver, qui lui trouve une pierre, s'en sert, pour j'espère, sortir de terre.... Et la tige prend du volume, s'éloigne du ver qu'elle remercie d'un sourire de fibre, elle grandit, grandit.... Et grandit encore ... Des bras lui poussent, qu'elle agite timidement, regrettant la non-découpe de doigts, se sent légère et respire.. Quelle sensation pure, nouvelle, d'une fraîcheur incroyable.... L'ancienne petite graine regarde son vieux corps de misère entrouvert à sa racine.... Et rigole, l'éclat de son rire, réveille les oiseaux qui accueillent la nouvelle venue en dansant sur une branche. Le pistil rougissant, la tige sent sa petite têt vibrer. Encore ? se dit-elle.... Dans un feu d'artifice de couleurs particulièrement bien mariée, son encéphale éclate et donne vie à un arc-en-ciel parapluie, sous lequel moi, petit, ridicule, tremblant, à l'affût, je me réfugie... Merci mademoiselle, et que cet abris dure.... Plus loin que le solstice, bien loin de mes craintes, bien loin de mes peurs, de mes désillusions....